Habilitation Electrique 8 min de lecture

Accident électrique au travail : les premières minutes, ce que chaque salarié doit savoir

Face à un accident électrique au travail, on ne touche pas la victime tant que le courant n'est pas coupé. Couper, alerter, secourir, puis déclarer l'accident du travail : l'ordre des actions selon l'INRS et ameli, et pourquoi seule une formation SST prépare vraiment au geste.

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ULRICH CALMO
Auteur · EYNOR

Face à un accident électrique, la règle tient en une phrase : ne touchez pas la victime tant que le courant n'est pas coupé. Coupez le courant au disjoncteur ou en débranchant la prise, faites alerter un sauveteur secouriste du travail puis le Samu (15), les pompiers (18) ou le 112, et restez avec la victime jusqu'à l'arrivée des secours. En haute tension, restez à distance : seuls des professionnels peuvent couper.

Une précision : cet article ne remplace pas une formation aux premiers secours. Les gestes eux-mêmes (position latérale de sécurité, massage cardiaque) s'apprennent en pratique, sur mannequin, avec un formateur. C'est l'objet de la formation SST.

Pourquoi les premières minutes comptent

L'INRS le rappelle sur sa page consacrée aux accidents d'origine électrique : les premières minutes qui suivent l'accident sont très importantes pour les chances de survie de la victime. Il faut agir vite. Mais agir vite ne veut pas dire se précipiter.

Le réflexe naturel, quand un collègue reste accroché à une armoire ou s'effondre près d'une machine, c'est de l'attraper. C'est précisément le geste qui fait deux victimes au lieu d'une. Tant que la personne est en contact avec la source, le courant peut vous traverser à votre tour. L'INRS parle de sur-accident.

1. Couper, sans toucher

En basse tension, la priorité est de mettre hors tension. L'INRS cite l'interrupteur, le disjoncteur, ou le débranchement de la prise. Ameli ajoute : ne pas toucher la victime à mains nues avant que ce soit fait.

Sur un lieu de travail, ça suppose de savoir où couper. Le bouton d'arrêt d'urgence de la machine, ou le disjoncteur du départ au tableau divisionnaire. Si personne ne sait où se trouve le tableau de l'atelier, les premières secondes partent en recherche.

Et si la coupure est impossible ? L'INRS indique qu'il faut alors libérer l'accidenté du contact avec les parties sous tension, en prenant garde à ce que personne d'autre ne s'électrise. La page ameli sur l'électrisation précise comment : utiliser un objet sec et non conducteur (carton, plastique ou bois) et s'isoler du sol en montant sur un objet non conducteur.

En haute tension, la règle change complètement. Ameli demande de rester à distance de la victime jusqu'à ce que le courant ait été coupé par des professionnels, car un arc électrique peut interdire toute approche. Poste de transformation ou ligne aérienne : on n'approche pas, on alerte.

2. Alerter

L'INRS donne un ordre précis : faire appeler un sauveteur secouriste du travail présent sur le site, puis le Samu (15), les pompiers (18) ou le numéro d'urgence européen (112). Service-public.fr rappelle le rôle de chacun sur sa page numéros d'urgence.

NuméroServiceQuand l'utiliser
15SamuUrgence médicale, par exemple un malaise
18PompiersIncendie ou accident, par exemple
112Numéro d'urgence européenDepuis n'importe quel téléphone, oriente vers le bon service
114Urgence pour personnes sourdes ou malentendantesPar visio, tchat, SMS ou images

Pendant l'appel, ameli recommande de parler calmement, de donner l'adresse exacte (étage, code d'accès) et de préciser le type d'accident électrique, basse ou haute tension. Décrivez l'état de la victime et ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande.

Un conseil de terrain. Sur un grand site, envoyez quelqu'un attendre les secours à l'entrée. Un local technique en terrasse ou une chaufferie au fond d'une cour, les pompiers perdent du temps à les trouver.

3. Secourir, en attendant les secours

L'INRS est clair : il faut rester avec la victime tant que les secours ne sont pas arrivés, et les premiers gestes doivent être effectués par du personnel formé au secourisme.

Ameli distingue deux situations. Si la victime est consciente, on ne la quitte pas et on surveille son état. Si elle est inconsciente et respire, on la place en position latérale de sécurité, on la couvre et on la surveille. Si elle ne respire pas, un massage cardiaque doit être pratiqué au plus vite, sans interruption, jusqu'à l'arrivée des secours.

Lire ces lignes ne suffit pas pour les appliquer. Je le dis sans détour : sans avoir pratiqué, sous le regard d'un formateur, on hésite, on s'arrête trop tôt. C'est pour ça que la présence de salariés formés SST dans chaque équipe change la donne.

En pratique : l'atelier de maintenance d'une plateforme logistique à Mérignac, en fin de matinée. Un agent s'écroule devant une armoire de charge de chariots, porte ouverte. Son collègue arrive en courant et tend la main vers son épaule. Il s'arrête. Il se souvient de la consigne affichée à l'entrée de l'atelier : coupure générale à droite de la porte. Il y va, coupe, puis crie au magasinier d'appeler la SST de l'équipe et le 15. La SST arrive, vérifie la conscience et la respiration, place la victime en PLS. Un troisième collègue part attendre les pompiers au portail. Personne n'a fait d'exploit. Chacun savait ce qu'il avait à faire, et dans quel ordre.

Même quand la victime dit que « ça va »

C'est la situation la plus trompeuse. Un électricien prend une décharge, se relève, secoue la main et veut reprendre le travail. Ameli rappelle que le courant peut provoquer des lésions internes (cardiaques, musculaires, pulmonaires ou neurologiques) alors même que les lésions visibles paraissent minimes. Toute victime d'électrisation doit être prise en charge rapidement pour que l'équipe médicale fasse le bilan.

En cas de simple secousse sans lésion apparente, le médecin régulateur du 15 peut envoyer un médecin, et un électrocardiogramme est réalisé pour s'assurer de l'absence de trouble du rythme cardiaque. Pour une femme enceinte, ameli indique que tout accident électrique, même bénin, nécessite une hospitalisation.

En clair : on appelle le 15, même si la personne tient debout. C'est le médecin régulateur qui décide de la suite, pas la victime ni son chef d'équipe.

Après l'urgence : la déclaration d'accident du travail

Une fois la victime prise en charge viennent les démarches. Ameli les détaille pour l'employeur et pour le salarié.

  • Le salarié informe son employeur dans les 24 heures, en précisant le lieu, les circonstances et, s'il y en a, l'identité des témoins.
  • L'employeur déclare l'accident à l'Assurance maladie dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés, en ligne sur net-entreprises.fr ou par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • L'employeur remet au salarié la feuille d'accident du travail, qui permet la prise en charge des soins sans avance de frais.
  • Le salarié consulte un médecin, qui établit un certificat médical.

Côté prévention, l'accident doit aussi déclencher une analyse. L'INRS range l'habilitation électrique non adaptée à l'opération réalisée parmi les principaux facteurs d'accidents d'origine électrique. Au-delà de « qui a fait l'erreur », demandez-vous ce qui a permis qu'elle se produise.

Former avant l'accident

Deux formations se complètent.

La formation SST prépare au geste. L'INRS précise que le certificat de sauveteur secouriste du travail est délivré par le réseau Assurance maladie Risques professionnels / INRS et reste valable deux ans. Sa prolongation passe par une formation de maintien et actualisation des compétences (MAC), suivie avant la date de fin de validité.

L'habilitation électrique prépare à éviter l'accident. Un agent non électricien qui travaille près d'une armoire, un électricien qui consigne : chacun a besoin de savoir ce qu'il a le droit de faire, et comment. La formation apporte les connaissances, puis c'est l'employeur qui délivre le titre d'habilitation.

FAQ

Peut-on toucher une victime d'électrisation ?

Pas tant que le courant n'est pas coupé. La victime peut encore être en contact avec la source, et le courant vous traverserait à votre tour. En basse tension, coupez au disjoncteur, à l'interrupteur ou en débranchant la prise. En haute tension, restez à distance jusqu'à la coupure par des professionnels.

Quel numéro appeler en cas d'accident électrique au travail ?

L'INRS recommande de faire appeler d'abord le sauveteur secouriste du travail présent sur le site, puis le Samu (15), les pompiers (18) ou le 112. Le 114 permet aux personnes sourdes ou malentendantes de joindre les secours par visio, tchat, SMS ou images.

Faut-il consulter si la victime se sent bien ?

Oui. Selon ameli, le courant peut provoquer des lésions internes alors que les lésions visibles sont minimes. Appelez le 15 : le médecin régulateur décide de la prise en charge, qui peut comprendre un électrocardiogramme. Pour une femme enceinte, tout accident électrique, même bénin, nécessite une hospitalisation.

Qui déclare l'accident du travail, et dans quel délai ?

Le salarié informe son employeur dans les 24 heures. L'employeur déclare ensuite l'accident à l'Assurance maladie dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés, et remet au salarié la feuille d'accident du travail.

Combien de temps le certificat SST est-il valable ?

Deux ans, selon l'INRS. Il est délivré par le réseau Assurance maladie Risques professionnels / INRS, et sa prolongation passe par une formation de maintien et actualisation des compétences suivie avant la date de fin de validité.

Pour préparer vos équipes, téléchargez notre guide pratique SST. La fiche de la formation SST détaille le programme, et pour les non-électriciens exposés au risque électrique, voyez la formation B0 / H0V. Pour une session dans vos locaux, demandez un devis, réponse sous 24 h ouvrées. Dans votre atelier, tout le monde sait-il où se trouve la coupure générale ?

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05 nov. 2026
Publié
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